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A Vénusz vonulása Le passage de Vénus



Róbert Hász: A Vénusz vonulása (Le passage de Vénus)

Novel, 323 pages (Hungary, 2013)
Synopsis


En 1769, le passage de Vénus entre la Terre et le Soleil, phénomène rare, a enfiévré le monde scientifique et les souverains de l’époque. En effectuant des mesures en divers endroits de notre planète, les astronomes pourraient enfin calculer la distance exacte de la Terre au Soleil. C’était aussi l’occasion pour les souverains éclairés d’Europe d’augmenter leur prestige en rivalisant de générosité. Grâce à leur soutien, des bateaux, des caravanes mirent en route vers les points les plus éloignés, des savants de différentes nationalités partirent en expédition en Sibérie, en Polynésie en Amérique du Sud, afin d’être prêts à observer le transit de Vénus prévu pour le 3 juin. Parmi ces aventuriers se trouvaient les deux astronomes hongrois les plus renommés de l’époque, Maximilien Hell et János Sajnovics, invités par Christian VII, le roi du Danemark, à effectuer leurs mesures depuis l’île de Vardø, située dans la mer Glaciale au-delà du cercle polaire. Les deux savants jésuites quittent Vienne le 28 avril 1768. Un voyage mouvementé de plusieurs mois les conduit à travers l’Allemagne en passant par Prague, Dresde, Leipzig, Hambourg, puis la Scandinavie, par Copenhague et Trondheim où ils s’embarquent pour Vardø où ils arrivent le 11 octobre.
Sans être un récit à la première personne, ce roman raconte les aventures des deux savants du point de vue de János Sajnovics. L’histoire se compose de trois parties (Chemins, Villes, Mondes). La première se déroule à Nagyszombat (auj. Trnava, en Slovaquie occidentale) une ville provinciale au regard des grands centres européens de l’époque, où Sajnovics est muté par l’Ordre pour enseigner à l’université après avoir passé deux ans à Vienne. Dans ce monde étriqué à la vie intellectuelle assez pauvre, le jeune jésuite va connaître les premiers doutes et les premières tentations. La violente attirance qu’il ressent pour Vilma Heintz, la belle et jeune épouse de l’apothicaire local, lui fait connaître la souffrance d’un amour certes partagé, mais inaccessible. C’est là, dans l’isolement de Nagyszombat, au milieu de tourments sentimentaux nourris par les doutes et les tentations, qu’il reçoit une lettre de son ancien maître, Maximilianus Hell, qui l’a choisi pour l’accompagner dans l’expédition à l’île de Vardø. János s’enfuit littéralement de Nagyszombat, tel un prisonnier qui s’évade, et rejoint son maître dans la capitale impériale, impatient de se lancer dans ce voyage inattendu.
Pendant les six semaines que durent les préparatifs de ce périple de plusieurs mois, János apprend que certains personnages de la Cour intriguent dans l’intention d’éloigner de l’impératrice, l’un des plus illustres jésuites d’Autriche en la personne de Maximilianus Hell, et soupçonne l’existence d’un complot. Cette période n’est effectivement pas favorable aux jésuites. La Compagnie de Jésus, déjà interdite en Espagne et en France, est sur le point d’être dissoute, et à Vienne, l’entourage de Marie-Thérèse intrigue contre eux. C’est dans cette atmosphère hostile que János et Hell entreprennent leur long voyage vers le nord, à travers les territoires allemands, protestants pour la plupart.
Le roman suit apparemment le schéma d’un récit de voyage classique. Dans la seconde partie (Villes), l’itinéraire nous fait effectivement découvrir différentes étapes, Prague, Dresde, Leipzig, Hambourg, Copenhague et Trondheim, leurs curiosités et leurs habitants, cependant les descriptions géographiques s’assemblent peu à peu en une carte de l’Europe intellectuelle de cette époque. On voit apparaître des célébrités comme le petit Mozart, l’illustre mathématicien allemand Gottfried Heinsius, le poète Friedrich Gottlieb Klopstock, le jeune Goethe, ou le célèbre voyageur Carsten Niebuhr. Au fil des aventures et des rencontres des deux jésuites, s’esquisse également le réseau complexe des relations politiques et intellectuelles de l’Europe du XVIIIe siècle, où se prépare la naissance d’une époque nouvelle. Les changements annoncés touchent aussi personnellement les deux savants jésuites. Au cours de leur voyage, ils sont souvent confrontés à la question de leur avenir, et à plusieurs reprises la possibilité de partir, de changer de vie, s’offre à eux. C’est au Danemark que se révèlent les manœuvres que János avait soupçonnées à Vienne. Une société secrète cherche en fait à faire quitter aux deux savants jésuites le scintillement vain de la vie viennoise, et à les convaincre d’entreprendre un voyage encore plus long, la traversée de l’océan vers le continent américain encore mystérieux, où avec l’aide de nombreux autres érudits venus de toutes les nations, ils édifieraient un Nouveau Monde, un monde meilleur, plus juste. Ces tentations intellectuelles, ces duels idéologiques offrent aux différents protagonistes l’occasion de s’exprimer sur les sciences, la religion, sur leur manière de voir le monde, et ainsi de confronter le lecteur aux questionnements métaphysiques et philosophiques des penseurs du XVIIIe siècle.
Parallèlement au voyage, János effectue un parcours intérieur qui commence avant même son départ pour Vienne avec les tourments de Nagyszombat, et dure encore sur l’île de Vardø où leur voyage s’achève, du moins pour un temps. L’histoire de ce voyage intérieur prend de l’importance dans la troisième partie (Mondes), située dans le monde (apparemment) étroit, froid et obscur de l’île polaire. Non seulement ses tourments de Nagyszombat reviennent à l’occasion d’une autre rencontre féminine, mais il doit aussi lutter contre l’attrait des nouveaux mondes inconnus qui lui sont offerts. C’est un certain Immanuel Fjodorovics Raskovitz, banni à perpétuité sur l’île de Vardø, qui l’aide à trouver la solution, la garantie de sa paix intérieure. Grâce à lui, il découvre les mondes intérieurs qui peuvent aussi bien combler le désir de voyager que les continents lointains. Mû par une soudaine inspiration, János cède à l’exilé la possibilité qui lui est offerte de s’embarquer pour l’Amérique pour y commencer une nouvelle vie, lui offrant ainsi la liberté, et cette bonne action lui apporte la paix de l’âme. En raison de ce glissement vers l’histoire intérieure, le roman s’achève avec le « voyage » spirituel, le 21 décembre, jour du solstice d’hiver, avant la fin de la mission, le transit de Vénus.
Sur l’île de Vardø, nos héros trouvent un milieu désert, isolé du monde extérieur, qui n’a rien de commun avec la brillante société viennoise, ni avec la vie austère des jésuites. Ils pourraient s’accoutumer au hurlement constant du vent chargé de neige et au fracas des vagues assaillant les rochers. Cependant les habitants de l’île, y compris une garnison danoise de quarante hommes, constituent une communauté singulière, fermée, emplie de tensions et de secrets, où les deux étrangers ne peuvent pénétrer. Ils débarquent le 11 octobre 1768 et entreprennent aussitôt de construire un observatoire. Rien ne presse, le passage de Vénus est prévu pour le 3 juin de de l’année suivante. Le 15 novembre, comme ils s’y attendaient, commence la longue nuit polaire. Le soleil disparaît à l’horizon et ne réapparaîtra que le 20 janvier. Mais dès ce moment, tout change. Les hommes semblent ensorcelés par l’obscurité permanente. Tous changent de comportement, les désirs, les passions, les pensées secrètes font surface. Les tabous disparaissent sous le couvert de l’obscurité. Les portes s’ouvrent aux deux savants, celles des maisons comme celles des âmes. Il n’y a plus ni jour, ni nuit. C’est comme si le temps s’était arrêté. Ou comme si commençait un infini Songe d’une nuit d’été. Les habitants de l’île sont tous d’étranges personnages, notamment Raskovitz, mystérieux exilé familier des mouvements philosophiques qui s’enthousiasme pour les idées de Diderot, de Voltaire, de Hume et de Rousseau ; le clerc Purckering qui, mandaté par son évêque, se joint aux deux astronomes à Copenhague, et rend secrètement compte à son supérieur de tout se qui se passe sur l’île ; Heinrich Eckleff, le commandant de la garnison porté sur la boisson et sa fille Dorothea, veuve mais toujours séduisante, « éternel objet de désir » ; le capitaine Fischer, incarnation de la virilité et de la détermination ; Holderson, le marchand local, chasseur invétéré qui même pendant la nuit polaire est incapable de renoncer à sa passion, et menace en permanence la vie des habitants de l’île ; Rynning, l’intendant corrompu ou le pasteur Kaurin qui ne peut dissimuler la haine que lui inspirent des deux jésuites débarquant sur son île. C’est grâce à eux et à d’autres personnages et destinées comparables, que dans la longue nuit de ce monde isolé nos deux héros connaissent la révélation, la véritable Aufklärung.
Tous les personnages sont cités dans le journal que János Sajnovics a réellement tenu pendant les mois de leur voyage et de leur séjour sur l’île. Cependant, ces notes succinctes ne constituent qu’un schéma de références pour l’action, complexe et aux niveaux multiples, du roman. Et bien que la description des divers lieux, protagonistes, événements puise également à d’autres sources, l’espace fictif offre le portrait des rapports généraux et personnels d’une époque en proie au doute et veillant en permanence à ses propres intérêts – un portrait qui, outre le fait qu’il présente les caractéristiques d’un roman historique, cherche aussi à résoudre les dilemmes de l’homme d’aujourd’hui.




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